AIDA Belgium — Position officielle sur la participation des athlètes trans aux compétitions nationales d’apnée
- Nostalgie Pelsener
- il y a 4 heures
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À l’heure où les États-Unis, sous l’administration Trump, opèrent un recul brutal sur les droits humains, la recherche scientifique, l’enseignement, les politiques migratoires, l’égalité raciale et l’égalité de genre, une nouvelle annonce vient de tomber : le Comité international olympique réintroduit les tests chromosomiques pour les Jeux de Los Angeles 2028, bannissant de facto les athlètes trans des épreuves féminines.
Ce retour en arrière s’inscrit dans un climat politique mondial où certains gouvernements cherchent à réduire l’humanité à une vision binaire, polarisée, essentialiste.
Aux États-Unis, ces reculs sont concrets et massifs :
Démantèlement des politiques de diversité, équité et inclusion (DEI) dans l’éducation, la recherche et les institutions publiques.
Redéfinition de la discrimination raciale au profit d’une vision inversée où les minorités deviennent suspectes et les populations majoritaires présentées comme victimes.
Coupe drastique dans les financements de la recherche scientifique, notamment via la réduction des coûts indirects des projets NIH, mettant en péril des décennies de progrès.
Affaiblissement des protections pour les personnes migrantes, racisées, LGBTQIA+, et remise en cause des avancées en sociologie, en sciences humaines et en sciences du vivant.
Position d'AIDA Belgium
Dans ce contexte, AIDA Belgium choisit une autre voie. Nous choisissons l’ouverture, la nuance, la science, l’humanité. Nous choisissons d’être précurseurs.
L’eau ne distingue ni les chromosomes, ni les catégories administratives, ni les récits de vie. Elle accueille les corps sans les classer, sans les hiérarchiser, sans les juger.
Dans l’eau, les différences s’estompent : l’apnée est un sport où la fluidité prime sur la puissance, où la lenteur est une force, où la maîtrise intérieure dépasse la morphologie. C’est un espace où les femmes atteignent déjà des performances proches de celles des hommes, en piscine comme en profondeur. C’est un espace où une athlète comme Heike Schwerdtner, de petite stature, dépasse régulièrement des hommes plus jeunes et plus massifs, toutes catégories d’âge confondues.
L’eau est un lieu de vérité : elle révèle que le genre n’est pas un indicateur fiable de performance.
Données scientifiques
Les études scientifiques de référence sont claires : après 24 à 36 mois d’hormonothérapie féminisante, les femmes trans ne présentent plus aucun avantage physiologique significatif par rapport aux femmes cis dans les paramètres pertinents pour la performance sportive. Notamment :
Masse musculaire
Force maximale
Hémoglobine
VO₂ max
Densité osseuse
Puissance anaérobie
Les travaux de Cheung et al. (2024) et Sieczkowska et al. (2026) confirment ces résultats à grande échelle. Les variations individuelles qui subsistent sont du même ordre que celles observées entre femmes cis elles-mêmes : issues de la génétique, du parcours sportif, de l’histoire corporelle, de la morphologie, de l’entraînement. Autrement dit : les différences entre femmes trans et femmes cis ne sont ni plus grandes, ni plus atypiques que celles qui existent déjà au sein de la catégorie féminine.
Cadre juridique européen
La Cour de justice de l’Union européenne a statué clairement : les États membres doivent délivrer des documents d’identité conformes au genre vécu, lorsque celui-ci a été reconnu dans un autre État membre.
Cela signifie qu’en Europe :
Il n’est plus possible d’exiger la divulgation du sexe assigné à la naissance,
Il n’est plus possible de distinguer administrativement les femmes cis des femmes trans,
Les tests génétiques seraient contraires à l’éthique, disproportionnés, et scientifiquement injustifiés.
Nous affirmons que :
En Belgique, les athlètes trans doivent pouvoir participer aux compétitions nationales d’apnée dans la catégorie correspondant à leur genre.
L’apnée est un sport où les différences de performance liées au sexe sont minimes, et où la technique, la relaxation et la gestion du mental priment.
Les tests chromosomiques sont contraires à l’éthique, à la science et au droit européen.
L’inclusion n’est pas une menace : c’est une chance pour enrichir notre communauté sportive.
Nous rejoignons les analyses des chercheurs en sciences sociales et en sciences du sport : les politiques d’exclusion, sous couvert d’équité, reproduisent des dynamiques de pouvoir, de sexisme, de racisme et de contrôle des corps. Elles ne protègent pas le sport : elles le figent dans un modèle dépassé, hérité d’un siècle révolu. il est possible d’imaginer un futur sportif inclusif, équitable et respectueux de la dignité de toutes et tous qui permettrait de ne pas reproduire le constat opéré en 2020 par des chercheurs canadiens : « On vous tolère, mais on ne vous accepte pas. » (Forgues et al., s. d.)
Depuis la Belgique, au cœur de l’Europe, nous lançons un appel : que les fédérations sportives européennes suivent cette voie d’inclusion, de justice et de dignité.
Nous croyons que :
L’humanité est forte de ses différences,
La diversité est une richesse,
L’évolution ne peut se faire que dans l’ouverture,
Le sport doit être un espace de liberté, pas de contrôle.
Nous voulons permettre à tous les corps, à toutes les histoires, à toutes les identités, à toutes les couleurs, à toutes les religions, à toutes les sexualités, à tous les âges, à toutes les morphologies, de s’épanouir dans l’élément aquatique.
Car dans l’eau, nous redevenons ce que nous sommes vraiment : des êtres humains respirant ensemble, unis par un souffle, un silence, une profondeur.
Références et ressources
France 24 — Retour des tests de féminité au CIO (2026)
France 24 — Décision de la CJUE sur l’identité de genre (2026)
Rapport « Transidentité & Sport » (2024), Université d’Aix-Marseille
Cheung et al., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (2024)
Sieczkowska et al., British Journal of Sports Medicine (2026)




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